Mme Dominique Montégu, Directrice Générale du Centre Hospitalier Saint Joseph Saint Luc
Dossier

Trois questions à… Dominique Montégu, Directrice Générale du Centre Hospitalier Saint Joseph Saint Luc

12 novembre 2012 aucun commentaire

Dominique Montégu est la Directrice Générale du Centre Hospitalier Saint Joseph Saint Luc depuis le 1 août 1996.

 

10 ans, c’est un évènement, mais aussi un moment de bilan, quel est le vôtre en quelques mots ?

Dix ans, c’est un grand évènement et c’est aussi l’occasion de rappeler la formidable mobilisation des équipes au moment de la construction du nouvel hôpital. Ce dixième anniversaire et plus particulièrement la journée dédiée au personnel me semble un moment privilégié pour fédérer à nouveau les équipes qu’elles soient médicales, administratives ou soignantes. Des visites commentées du centre hospitalier permettront aux salariés et à leur famille de (re)découvrir le centre hospitalier en visitant des lieux plus « confidentiels » (à titre d’exemple la salle de coronarographie). Nous souhaitons que les salariés soient fiers de présenter leur hôpital à leurs proches.

Nous fêtons certes nos 10 ans dans un moment de société plus difficile, dans un paysage sanitaire qui change mais nous devons réaffirmer ensemble notre rôle, notre position, comme nous l’avons fait il y a dix ans. En ce sens, ces 10 ans doivent être de nouveau une période de re-mobilisation, de cohésion, de travail d’équipe, et de projets novateurs portés ensemble.

La construction du nouvel hôpital a été un moment refondateur, d’intense remise en cause. Dix ans, est-ce le temps des ajustements ?

Je pense qu’il ne faut pas le voir comme un temps d’ajustements. Il faut bien sûr regarder ce que nous avons fait, l’analyser, l’évaluer. Ce que l’on a déjà fait plusieurs fois. A la suite d’évaluations, nous avons révisé des organisations à la marge, en écoutant les salariés qu’ils soient médecins ou soignants pour encore mieux adapter le principe de base qui est resté identique.

Le monde bouge, la société a bougé. Nous devons nous adapter et le faire dans la meilleure efficience car les moyens changent eux aussi et se restreignent. Il faut que l’on soit vraiment dans la projection des innovations que l’on pourrait faire. Ce que nous faisons d’ailleurs à travers nos réflexions actuelles sur le service des brûlés, l’accueil d’une unité neuro-vasculaire, la maternité et les urgences. Des évènements nouveaux, des progressions nouvelles, des modifications de prises en charge ou de capacité vont nous permettre de mieux nous adapter aux nouvelles demandes.

Nous devons être fiers du chemin déjà parcouru. Ces dix ans nous ont permis de développer une activité, d’être reconnu comme un hôpital de centre-ville incontournable. Force à nous de nous ré-adapter en permanence. Il faut que nous puissions fêter nos dix ans futurs avec le même constat d’une progression et d’un service rendu à la population toujours meilleur et surtout adapté aux demandes de la population. Nous avons fait une énorme mutation, très en avance par rapport à d’autres. L’un des enjeux de l’hôpital est de continuer à créer ce ciment entre tous, cette possibilité de monter des projets ensemble. Le pari du futur est la cohésion entre les différents métiers pour le projet d’établissement qui nous amènera dans la décennie à venir. Ce projet d’établissement prendra en compte toutes les modifications importantes de modalités d’hospitalisation et de prises en charge du soin. A titre d’exemple, l’ambulatoire est une révolution complète. Ce mode de prise en charge conjugue des actes de plus en plus techniques avec des temps de plus en plus courts. L’enjeu de demain est ainsi d’arriver à garder nos valeurs, de rester cet hôpital à taille humaine qui amène une attention particulière à ses patients malgré ce temps de passage réduit.

Nous devons proposer un véritable parcours de soin sans ruptures ressenties pour le patient. Un enjeu plus fort du fait du développement des situations d’isolement.

Enfin depuis l’ouverture de cet hôpital, nous bénéficions de plateaux techniques très performants. Les nouveaux modes de prises en charge et les nouvelles techniques nous contraignent à une veille technologique et à l’acquisition (ou à la mutualisation) d’équipements de dernière génération.

Selon vous, à quels grands enjeux sociétaux sera confronté le centre hospitalier dans les dix années à venir ?

Dans les grands enjeux, il y a tout d’abord le vieillissement de la population avec la prise en charge de la personne âgée. Le travail en réseau et l’hospitalisation de jour doivent nous aider à maintenir les repères déjà fragiles de ces personnes. Du fait de notre positionnement en centre ville, la précarité et la grande précarité seront aussi des grands enjeux de société. Nous aurons à avoir une vraie réponse vis-à-vis de ces populations. Aussi nous devrons être attentifs aux personnes handicapées, et à l’isolement créé par le délitement et la recomposition des familles.

Nous devons mener une réflexion sur ces sujets particuliers et être un hôpital qui travaille en réseau en s’entourant de compétences pour répondre à ces nouveaux enjeux. Nous devons être un lieu de rayonnement qui apporte des réponses particulières à des demandes particulières. Tout cela doit faire partie de notre projet d’établissement. Notre hôpital, avec son statut à but non lucratif, permet d’offrir, sans reste à charge, un accès aux soins à tous. Nous devons par de nouvelles innovations (tant organisationnelles que médicales) renforcer encore notre rôle d’hôpital au cœur de la ville.

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