Congé paternité : durée, indemnités et démarches
La rédaction d’Au Cœur De La Vie · · 7 min de lecture

Entre l’annonce de la grossesse et le jour de la naissance, un futur père a quelques semaines pour caler ses dates, prévenir son employeur et comprendre ce que la Sécurité sociale lui versera. Le congé paternité a changé de forme ces dernières années, et un congé supplémentaire de naissance s’y est greffé en 2026. Entre les jours pris sur le salaire habituel, ceux indemnisés par la caisse et ceux qui dépendent d’une convention collective, le revenu du mois peut varier sensiblement.
En bref
- Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant dure 25 jours calendaires pour une naissance simple et 32 jours pour une naissance multiple, dont 4 jours obligatoires pris juste après les 3 jours ouvrables du congé de naissance.
- Les jours facultatifs se prennent en une fois ou en deux périodes d’au moins 5 jours, dans les 6 mois suivant la naissance.
- L’indemnité journalière de la CPAM vaut 79 % d’un salaire journalier de base plafonné, entre 11,12 € et 104,02 € par jour en 2026.
- L’employeur doit être prévenu au moins un mois avant la naissance prévue et un mois avant le début du congé.
- Depuis le 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance d’un ou deux mois s’ajoute, indemnisé à 70 % puis 60 % du salaire net.
Quelle est la durée du congé de paternité ?
Le congé de paternité dure 25 jours calendaires pour un enfant et 32 jours pour des jumeaux ou plus, selon service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 1er juin 2026). Il peut être pris par le père, par le conjoint, le partenaire de Pacs ou le concubin de la mère, et par la seconde mère dans un couple de femmes ayant fait une reconnaissance conjointe anticipée, sans condition d’ancienneté et quel que soit le contrat.
| Période | Naissance simple | Naissance multiple |
|---|---|---|
| Congé de naissance, pris en premier, payé normalement par l’employeur | 3 jours ouvrables | 3 jours ouvrables |
| Première période de paternité, obligatoire, juste après | 4 jours calendaires | 4 jours calendaires |
| Jours facultatifs | 21 jours calendaires | 28 jours calendaires |
| Total du congé de paternité | 25 jours | 32 jours |
Les jours facultatifs se prennent en une seule fois ou en deux périodes d’au moins 5 jours chacune, dans les 6 mois de la naissance ; ce délai peut être prolongé, notamment si la mère décède. Si l’enfant est hospitalisé en unité spécialisée dès la naissance, le congé est prolongé pendant l’hospitalisation, dans la limite de 30 jours consécutifs ; l’employeur ne peut pas s’y opposer.
Comment est calculée l’indemnité journalière du congé de paternité ?
L’indemnité journalière de la CPAM se calcule à partir des trois derniers salaires bruts avant le congé. Leur somme est divisée par 91,25 pour obtenir un salaire journalier de base, plafonné par le plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026) ; la caisse applique ensuite une déduction forfaitaire de 21 %, avec un minimum de 11,12 € et un maximum de 104,02 € par jour.
Exemple pour un salarié dont les trois derniers salaires bruts sont de 2 400 € chacun : 7 200 € ÷ 91,25 = 78,90 € de salaire journalier de base ; 78,90 € × 79 % = environ 62,33 € par jour. Pour les 25 jours calendaires, cela représente environ 1 558 €, versés tous les 14 jours. Au plafond, le salaire de base donne le maximum de 104,02 € par jour, soit environ 2 600 € sur 25 jours.
Pour être indemnisé, il faut un numéro de sécurité sociale ouvert depuis au moins 6 mois au début du congé, 150 heures travaillées dans les 3 mois précédents (ou des cotisations sur au moins 12 058,20 € sur 6 mois) et cesser toute activité salariée pendant le congé. Une convention collective peut prévoir mieux, jusqu’au maintien du salaire intégral. Certaines mutuelles versent en outre une prime à la naissance, comme le détaille notre article sur la demande de prime de naissance.
Quelles démarches faire auprès de l’employeur et de la CPAM ?
Le salarié doit prévenir son employeur et déclarer lui-même ses pièces à sa caisse. Les étapes se suivent ainsi :
- Au moins un mois avant la date prévue de la naissance, informer l’employeur ; au moins un mois avant le début du congé, lui préciser les dates et la durée, de préférence par lettre recommandée ou remise en main propre contre récépissé.
- Si l’enfant naît plus tôt que prévu, le congé peut commencer dans le mois suivant la naissance, à condition d’en informer l’employeur.
- Transmettre à la CPAM une copie intégrale de l’acte de naissance ou du livret de famille à jour, avec, pour un conjoint non marié, un justificatif du lien avec la mère (copie du Pacs, certificat de vie commune de moins d’un an ou attestation sur l’honneur cosignée).
L’employeur ne peut pas refuser le congé quand le délai de prévenance est respecté ; un refus peut être contesté devant le conseil de prud’hommes et l’employeur s’expose à une amende de 1 500 €. Pendant le congé, le contrat de travail est suspendu et le licenciement est interdit, sauf faute grave ou motif étranger au congé. Un demandeur d’emploi reste inscrit à France Travail : ses allocations sont interrompues s’il perçoit les indemnités journalières, et il doit déclarer les jours pris.
Qu’en est-il pour les agents publics et les indépendants ?
Dans la fonction publique, la durée est identique, 25 jours ou 32 jours, mais la rémunération est maintenue : le fonctionnaire garde son traitement indiciaire, l’indemnité de résidence, la NBI, le supplément familial de traitement et les primes, et un agent à temps partiel passe à temps plein pour la durée du congé. La demande est adressée au chef de service au moins un mois avant la date prévue d’accouchement, avec un certificat de grossesse, et la preuve de la naissance doit suivre sous 8 jours.
Pour les travailleurs indépendants, l’indemnisation passe par une indemnité journalière forfaitaire : en 2026, le montant maximal servi pendant les congés de maternité, de paternité et d’adoption est de 65,84 € brut par jour. Le congé supplémentaire de naissance leur est indemnisé 46,09 € brut par jour le premier mois et 39,50 € le second, sur demande en ligne déposée au plus tard la veille du début.
Que change le congé supplémentaire de naissance en 2026 ?
Ce nouveau congé est ouvert depuis le 1er juillet 2026 et vient après le congé de paternité : chaque parent peut prendre un ou deux mois, en une fois ou en deux périodes d’un mois, ensemble ou à tour de rôle. Il concerne les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026 ; il doit débuter dans les 9 mois de la naissance, et avant le 1er avril 2027 pour un enfant né entre le 1er janvier et le 30 juin 2026.
L’employeur ne verse pas de salaire : la caisse indemnise 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, dans la limite de 4 005 € par mois, et l’employeur doit être prévenu un mois à l’avance (quinze jours si le congé suit immédiatement le congé de paternité). Pour un salaire de 2 000 € brut par mois, le service-public donne environ 33,92 € par jour le premier mois et 29,08 € le second, après CSG et CRDS. Dans la fonction publique, le traitement est maintenu à 70 % puis 60 %. Ce congé ne peut pas être perçu en même temps que la PreParE, mais les deux peuvent se suivre.
Questions fréquentes
Peut-on démissionner ou être licencié pendant le congé de paternité ?
Le licenciement est interdit pendant le congé, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger au congé, tandis que le salarié peut démissionner pendant le congé.
Le concubin ou la seconde mère y ont-ils droit ?
Oui. Le conjoint, le partenaire de Pacs ou le concubin de la mère y ont droit, ainsi que la seconde mère d’un couple de femmes ayant fait une reconnaissance conjointe anticipée, sans condition d’ancienneté.
Qu’en est-il d’un CDD ou d’un demandeur d’emploi ?
Le congé est ouvert à tous les contrats, CDD et intérim compris, avec les mêmes conditions d’indemnisation que le cas général. Un demandeur d’emploi doit déclarer à France Travail le nombre et les dates des jours pris, car ses allocations s’arrêtent le temps de l’indemnisation.
Que devient le congé d’un fonctionnaire si l’enfant est hospitalisé ?
Dans la fonction publique, la période de 4 jours peut être prolongée pendant l’hospitalisation en unité spécialisée, jusqu’à 30 jours consécutifs, sur demande, sans refus possible de l’employeur.
Les congés annuels non pris sont-ils perdus ?
Dans la fonction publique, les congés annuels non pris peuvent être reportés pendant 15 mois. Dans le secteur privé, le congé compte comme temps de travail effectif pour l’ancienneté.
Sources
Sources consultées le 22 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Service-public.gouv.fr, « Congé de paternité et d’accueil de l’enfant d’un salarié du secteur privé », fiche vérifiée le 1er juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3156
- Service-public.gouv.fr, « Congé de naissance de 3 jours dans le secteur privé », fiche vérifiée le 1er juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2266
- Service-public.gouv.fr, « Congé supplémentaire de naissance d’un salarié du secteur privé », fiche vérifiée le 3 juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F39685
- Service-public.gouv.fr, « Congé de paternité et d’accueil si l’enfant est hospitalisé à sa naissance », fiche vérifiée le 1er juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35002
- Service-public.gouv.fr, « Congé de paternité et d’accueil de l’enfant dans la fonction publique », fiche vérifiée le 1er juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F583
- Service-public.fr Entreprendre, « Congé supplémentaire de naissance d’un travailleur indépendant ». https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F39686
- Service-public.gouv.fr, « Congé supplémentaire de naissance : réponses à toutes vos questions », 3 juillet 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18982
- Service-public.gouv.fr, « Congé supplémentaire de naissance dans la fonction publique », fiche vérifiée le 1er juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F39693


