Wegovy et Mounjaro : remboursement, conditions et reste à charge
La rédaction d’Au Cœur De La Vie · · 7 min de lecture

Longtemps, les traitements injectables contre l’obésité se sont payés de sa poche, mois après mois. La question du remboursement de Wegovy et de Mounjaro ne se règle pourtant pas d’un « oui » ou d’un « non » : elle dépend d’un indice de masse corporelle, d’un parcours de soins préalable et du médecin qui signe la première ordonnance. Entre la consultation, l’avis d’un spécialiste et le passage en pharmacie, des patients éligibles renoncent, et d’autres découvrent à la caisse qu’ils ne remplissent pas les conditions.
En bref
- Depuis le 15 juin 2026, l’Assurance maladie rembourse Wegovy et Mounjaro à 65 % pour l’obésité de l’adulte, mais seulement à partir d’un IMC de 40 sans maladie associée ou de 35 avec une comorbidité retenue, après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle [1][2].
- La première ordonnance remboursable est réservée à des médecins de niveaux de recours 2 et 3 (centres spécialisés de l’obésité, CHU, certains endocrinologues) ; le renouvellement peut être fait par tout médecin [3].
- Un document établi par le prescripteur via le téléservice de l’Assurance maladie doit accompagner l’ordonnance et être présenté en pharmacie [2].
- Le reste à charge est de 35 % du prix, que la complémentaire santé ou un statut particulier (ALD, exonération) peut couvrir ; hors critères, le traitement reste payé en totalité [1].
Wegovy et Mounjaro sont-ils remboursés par l’Assurance maladie ?
Oui, mais dans un cadre étroit : le remboursement de Wegovy et de Mounjaro vaut depuis le 15 juin 2026 pour l’obésité de l’adulte, au taux de 65 %, ce qui laisse 35 % de participation à l’assuré [1]. Il s’agit d’un traitement de seconde intention, associé à un régime hypocalorique et à plus d’activité physique [1].
Les premiers arrêtés ont été publiés au Journal officiel le 28 mai 2026. Deux autres arrêtés, publiés le 12 juin 2026, les ont abrogés et ont modifié la liste des prescripteurs habilités, sans changer la date d’application [1][3]. Le prix de ces médicaments est fixé par le laboratoire [1].
Ce remboursement ne couvre pas toutes les situations de l’autorisation de mise sur le marché : pour Mounjaro, la Haute Autorité de santé avait donné le 19 novembre 2025 un avis favorable limité à l’adulte dont l’IMC initial est d’au moins 35, et défavorable dans les autres cas [5].
Quelles conditions faut-il remplir pour être remboursé ?
Il faut cumuler un IMC initial suffisant et l’échec documenté d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite, c’est-à-dire une perte de poids inférieure à 5 % à six mois [2]. L’IMC pris en compte est celui mesuré au début du traitement [2].
| Situation de l’adulte | IMC initial exigé | Autre condition |
|---|---|---|
| Obésité sans maladie associée | 40 kg/m² ou plus | Échec d’une prise en charge nutritionnelle (moins de 5 % de perte à 6 mois) |
| Obésité avec comorbidité | 35 kg/m² ou plus | Au moins une comorbidité de la liste retenue, plus le même échec nutritionnel |
| IMC de 35 à moins de 40 sans comorbidité retenue, ou IMC inférieur à 35 | Critères non remplis | Pas de remboursement ; prescription possible hors remboursement selon les critères de l’ANSM |
La liste des comorbidités retenues est limitative. Elle comprend notamment le diabète de type 2, l’hypertension traitée par médicaments, la stéatohépatite ou la fibrose du foie, le syndrome des ovaires polykystiques, la maladie rénale chronique jusqu’au stade 3B, l’apnée du sommeil, l’asthme sévère lié à l’obésité, l’arthrose ou les lombalgies invalidantes, l’incontinence urinaire invalidante et le handicap moteur [2]. Certaines exigent un avis spécialisé préalable, par exemple néphrologique pour la maladie rénale [2].
Qui peut prescrire Wegovy ou Mounjaro pour qu’ils soient remboursés ?
La première prescription remboursable est réservée aux professionnels de niveaux de recours 2 et 3 dans la prise en charge de l’obésité [3]. Sont concernés les endocrinologues-diabétologues-nutritionnistes, les médecins compétents en nutrition et les chirurgiens bariatriques exerçant en centre spécialisé de l’obésité, en établissement de soins de suite et de réadaptation dédié ou en CHU, ainsi que les coordinateurs du parcours « Obésité complexe » [3].
Un endocrinologue de ville entre aussi dans la liste s’il travaille en lien avec un centre spécialisé, ce lien devant être formalisé par une charte ou par une activité médicale dans ce centre [3]. Une fois le traitement lancé, le médecin traitant ou tout autre médecin peut assurer les renouvellements [2][3].
Le parcours se déroule en quatre temps :
- Le patient consulte un prescripteur habilité, qui mesure l’IMC et vérifie l’échec de la prise en charge nutritionnelle.
- Le prescripteur remplit, via le téléservice de l’Assurance maladie, un document qui indique l’âge, l’IMC, la comorbidité éventuelle, l’échec nutritionnel et sa qualité de prescripteur habilité [2].
- Il remet l’ordonnance et un exemplaire de ce document au patient [2].
- Le patient présente les deux en pharmacie ; le document attesté par le prescripteur justifie l’indication remboursée [2].
Un médecin généraliste ou un autre spécialiste conserve la possibilité de prescrire ces médicaments hors remboursement, selon les critères de l’ANSM [1][3].
Que reste-t-il à payer après le remboursement ?
Le reste à charge de base est la participation de 35 %, calculée sur le prix public de la présentation délivrée [1]. Les prix publics TTC vont de 146,91 € à 195,10 € pour Wegovy et de 176,10 € à 433,80 € pour Mounjaro, selon la présentation [2]. Sur cette base, un calcul simple donne l’ordre de grandeur suivant.
| Médicament | Prix public (fourchette) | Part remboursée à 65 % (environ) | Participation de 35 % (environ) |
|---|---|---|---|
| Wegovy | 146,91 € à 195,10 € | 95 € à 127 € | 51 € à 68 € |
| Mounjaro | 176,10 € à 433,80 € | 114 € à 282 € | 62 € à 152 € |
Cette participation n’est pas toujours payée par le patient. Une prise en charge à 100 % est à étudier au cas par cas selon le statut de l’assuré, une éventuelle ALD, les exonérations et la complémentaire santé [1]. La ministre de la Santé a indiqué que la grande majorité des patients concernés serait remboursée à 100 %, presque tous bénéficiant déjà d’une prise en charge intégrale au titre de leur état de santé [4]. Le rôle de la mutuelle est détaillé dans notre article sur la complémentaire santé et les remboursements médicaux.
Pourquoi certains patients paient-ils leur traitement en totalité ?
Ils paient tout lorsque l’un des critères manque, car l’ordonnance seule ne suffit pas. Quatre situations expliquent la plupart des refus :
- l’IMC initial est inférieur au seuil, soit moins de 40 sans comorbidité retenue, soit moins de 35 avec comorbidité ;
- la prise en charge nutritionnelle préalable n’a pas été conduite ou n’est pas documentée [2] ;
- la première ordonnance émane d’un médecin hors de la liste des prescripteurs habilités, ou le document du téléservice n’a pas été établi [2][3] ;
- le traitement est demandé à visée esthétique, ce qui est exclu : ces médicaments ne doivent pas être prescrits dans ce but [1].
Avant le remboursement, la dépense s’élevait à environ 300 € par mois, le prix étant fixé librement par les laboratoires [4]. Pour un patient hors critères, la prescription reste possible, mais sans prise en charge. La consultation qui précède suit les règles décrites dans notre article sur le prix d’une consultation et sa base de remboursement.
Le remboursement de Mounjaro est-il différent dans le diabète de type 2 ?
Oui, car Mounjaro dispose d’un remboursement distinct dans le diabète de type 2 de l’adulte, également depuis le 15 juin 2026 [2]. Il est remboursable en bithérapie avec la metformine, ou en trithérapie avec la metformine et un sulfamide ou une insuline basale [2].
La prescription n’est pas réservée aux centres spécialisés : tout médecin peut la rédiger, avec le même document de justification [2]. Les autres situations de l’autorisation, comme la monothérapie ou l’enfant, ont reçu un service médical rendu insuffisant et ne sont pas remboursées [2]. Les conditions d’IMC décrites plus haut ne concernent donc pas cette voie.
Questions fréquentes
Un IMC de 38 sans maladie associée ouvre-t-il droit au remboursement ?
Non. Sans comorbidité retenue, le seuil est de 40, et l’IMC de 35 ne suffit que si le patient a au moins une comorbidité de la liste [2]. Un IMC de 38 sans maladie de la liste reste donc hors remboursement, même après un échec nutritionnel documenté.
Les adolescents sont-ils remboursés ?
Les conditions de remboursement publiées visent l’adulte [2]. L’autorisation de mise sur le marché prévoit bien une indication à partir de 12 ans pour les adolescents obèses de plus de 60 kg, mais les conditions de remboursement ne prévoient une prise en charge que pour l’adulte [1][2].
Que se passe-t-il si la perte de poids est insuffisante après six mois ?
La Haute Autorité de santé demande que l’efficacité du traitement soit évaluée au bout de six mois et que l’arrêt soit envisagé, notamment si la perte de poids est inférieure à 5 % [5]. La décision relève du prescripteur, pas de l’assuré.
Quel est l’avis de la HAS sur l’intérêt de ces médicaments ?
Pour Mounjaro dans l’obésité, la HAS juge le service médical rendu important dans la population remboursée et l’amélioration du service médical rendu mineure (niveau IV), comme pour Wegovy [5]. Elle le juge insuffisant dans les autres situations de l’autorisation, ce qui justifie l’absence de prise en charge dans ces cas [5].
Mon médecin traitant peut-il lancer le traitement remboursé lui-même ?
Non, la première prescription remboursable revient aux professionnels énumérés plus haut. Il peut en revanche vous adresser à l’un d’eux, puis assurer les renouvellements [3].
Sources
Sources consultées le 22 octobre 2026. Les numéros dans le texte renvoient aux références suivantes, présentées sans liens cliquables.
- Service-public.gouv.fr, « Wegovy et Mounjaro : conditions de remboursement », actualité publiée le 1er juin 2026 et mise à jour le 15 juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18932
- Vidal, « Obésité : prise en charge de Wegovy et Mounjaro à partir du 15 juin 2026, sous conditions », vidal.fr, article du 28 mai 2026 mis à jour le 12 juin 2026. https://www.vidal.fr/actualites/37850-obesite-prise-en-charge-de-wegovy-et-mounjaro-a-partir-du-15-juin-2026-sous-conditions.html
- Vidal, « Obésité : le cadre de prescription de Wegovy et Mounjaro précisé pour le remboursement », vidal.fr. https://www.vidal.fr/actualites/37934-obesite-le-cadre-de-prescription-de-wegovy-et-mounjaro-precise-pour-le-remboursement.html
- LCP-Assemblée nationale, « Les médicaments anti-obésité Wegovy et Mounjaro bientôt remboursés par la Sécurité sociale », lcp.fr. https://lcp.fr/actualites/les-medicaments-anti-obesite-wegovy-et-mounjaro-bientot-rembourses-par-la-securite
- Haute Autorité de santé, « MOUNJARO (tirzépatide) - Obésité », avis de la Commission de la transparence du 19 novembre 2025, has-sante.fr. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3776029/fr/mounjaro-tirzepatide-obesite


