Mi-temps thérapeutique : comment est calculé le salaire
La rédaction d’Au Cœur De La Vie · · 6 min de lecture

Reprendre le travail à mi-temps après un arrêt, c’est aussi voir arriver une fiche de paie réduite de moitié et un virement séparé de la caisse. Le salaire en mi-temps thérapeutique se compose de deux sommes qui n’ont ni le même payeur, ni la même règle de calcul, ni le même plafond. Selon le niveau du salaire de départ, l’écart avec l’ancien revenu peut rester minime ou devenir sensible. Les règles diffèrent encore entre le secteur privé et la fonction publique.
En bref
- Pendant un mi-temps thérapeutique, le salarié perçoit son salaire proratisé au temps travaillé, versé par l’employeur, plus des indemnités journalières de l’Assurance maladie égales à 50 % du salaire journalier de base.
- Ces indemnités sont plafonnées à 42,97 € bruts par jour en 2026 et ne peuvent pas dépasser la perte de salaire journalière due à la réduction du temps de travail.
- Elles sont versées au maximum pendant 4 ans, et c’est le médecin-conseil de la CPAM qui décide de leur versement.
- Un fonctionnaire en temps partiel thérapeutique garde la totalité de son traitement indiciaire, de son indemnité de résidence, de son supplément familial de traitement et de sa NBI.
Comment se calcule le salaire en mi-temps thérapeutique ?
Le salaire du mi-temps thérapeutique est celui de l’employeur, calculé selon la durée de travail, auquel s’ajoutent des indemnités journalières de la CPAM. Pour un employeur déclarant par le service Cea de l’Urssaf, la part de l’employeur se proratise ainsi : salaire habituel divisé par le nombre de jours calendaires du mois, multiplié par le nombre de jours de travail calendaires. Le salarié et l’employeur conviennent de la répartition des heures et de la rémunération, après la visite de reprise.
Les indemnités journalières égalent 50 % du salaire journalier de base, c’est-à-dire, pour un salarié mensualisé, le total des trois derniers salaires bruts avant l’arrêt divisé par 91,25. Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le Smic, soit 2 613,82 € par mois en 2026, pour les arrêts commencés à partir du 1er avril 2025. Ce plafond correspond à la limite de 42,97 € bruts par jour.
Combien perd-on réellement sur son salaire ?
La perte dépend du salaire de départ, car le plafond joue pour les salaires élevés. Le tableau suivant applique la règle à un mi-temps à 50 % et à un mois de 30 jours, avec des montants bruts. Le service-public donne lui-même l’exemple de 2 000 € par mois, qui produit un salaire journalier de base de 65,75 € et des indemnités de 32,87 € par jour.
| Salaire brut mensuel à temps plein | Part de l’employeur (50 %) | Indemnité par jour | Indemnités sur 30 jours | Total brut |
|---|---|---|---|---|
| 2 000 € | 1 000 € | 32,87 € | environ 986 € | environ 1 986 € |
| 4 000 € | 2 000 € | 42,97 € (plafond atteint) | environ 1 289 € | environ 3 289 € |
Avec 2 000 € brut, la perte de salaire due au mi-temps est de 1 000 € par mois, soit un peu plus de 33 € par jour : les indemnités de 32,87 € ne butent pas sur ce plafond et l’écart avec le plein temps est de l’ordre de 14 €. Avec 4 000 € brut, le salaire pris en compte est ramené à 2 613,82 €, ce qui donne un salaire journalier de base d’environ 85,93 € et des indemnités de 42,97 € par jour ; le total n’atteint que 3 289 € environ, soit près de 711 € de moins qu’à temps plein. Le total ne peut en tout cas jamais dépasser le salaire à temps plein, puisque les indemnités sont limitées à la perte de salaire.
Pour un arrêt commencé avant le 1er avril 2025, le salaire pris en compte était plafonné à 1,8 fois le Smic. Les montants de ce tableau sont bruts avant prélèvements ; pour la rémunération pendant l’arrêt complet qui précède, voyez comment le salaire est maintenu pendant un arrêt maladie.
Qui décide du versement des indemnités et pour combien de temps ?
Le médecin-conseil de la CPAM décide du versement des indemnités journalières, au vu de la prescription du médecin traitant. La démarche suit un ordre précis :
- Le médecin traitant recommande le temps partiel thérapeutique avant la reprise, parce que le travail favorise la guérison ou pour une rééducation ou une réadaptation professionnelle.
- Le salarié envoie la prescription à la CPAM (ou à la MSA) et à son employeur.
- L’employeur organise une visite de reprise avec le médecin du travail ; s’il est favorable, l’employeur établit une attestation donnant son accord de principe.
- L’employeur et le salarié fixent ensemble la répartition des heures et la rémunération, et le contrat est adapté en précisant la date d’effet de la reprise, la mention du temps partiel thérapeutique et le nombre d’heures mensuelles.
Les indemnités journalières sont versées au maximum pendant 4 ans. Le dispositif peut aussi être mis en place après une reprise à temps complet, sur demande auprès du médecin du travail. Pour la reprise de l’activité elle-même, consultez les conditions, la durée et les démarches du mi-temps thérapeutique.
Que devient le salaire d’un fonctionnaire en temps partiel thérapeutique ?
Le fonctionnaire conserve l’essentiel de sa rémunération : le traitement indiciaire, l’indemnité de résidence, le supplément familial de traitement, la NBI et le complément de traitement indiciaire sont versés en totalité. Pour les primes, la règle dépend de la fonction publique : elles sont maintenues en totalité dans la fonction publique d’État, selon la délibération de la collectivité dans la territoriale, et partiellement maintenues dans l’hospitalière.
Le temps partiel peut être fixé à 50 %, 60 %, 70 %, 80 % ou 90 % d’un temps plein, sans descendre sous le mi-temps, pour une durée d’un an au maximum, en continu ou en discontinu. La demande est accompagnée d’un certificat médical, et l’administration répond en général dans les 30 jours.
Quel effet sur la retraite et les congés payés ?
Pour la retraite de base, seul le salaire versé par l’employeur compte dans le calcul des trimestres cotisés : il faut environ 1 747,50 € de revenus salariés, soit 150 fois le Smic horaire sur la base 2024, pour en valider un. Si le salaire est trop faible, les indemnités journalières peuvent valider un trimestre pour 60 jours indemnisés, dans la limite de quatre par an ; ces trimestres sont validés mais non cotisés.
Seuls les revenus salariaux entrent dans le salaire annuel moyen, mais avec l’accord de l’employeur, le salarié peut cotiser sur la base d’un temps plein. En retraite complémentaire, les points continuent de s’acquérir sans pénalité en mi-temps thérapeutique. Côté congés payés, le Code du travail ne prévoit pas de règle spécifique : le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif comme à temps plein, sauf convention plus favorable.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si la reprise commence en cours de mois ?
Dans l’exemple donné par l’Urssaf pour le service Cea, le salaire est proratisé selon les jours travaillés et la période se déclare en deux volets sociaux distincts : un pour l’arrêt (du 1er au 15) et un pour le temps partiel (du 16 au 31).
Peut-on obtenir un temps partiel thérapeutique sans arrêt préalable ?
Oui, dans le privé, il peut être mis en place après une reprise à temps complet, sur demande auprès du médecin du travail. Un fonctionnaire peut aussi le demander sans arrêt de travail préalable.
Les indemnités sont-elles versées par l’employeur ou par la CPAM ?
Elles viennent de l’Assurance maladie, dont le médecin-conseil décide du versement. L’Urssaf recommande aux employeurs de ne pas subroger les indemnités journalières pour un temps partiel thérapeutique, afin de simplifier la déclaration.
Un fonctionnaire peut-il renouveler son temps partiel thérapeutique ?
Le temps partiel thérapeutique est limité à un an au maximum, en continu ou non, et les droits se reconstituent après une année d’activité à temps plein.
Le plafond du salaire pris en compte est-il le même pour un arrêt ancien ?
Non. Pour un arrêt commencé avant le 1er avril 2025, le plafond est de 1,8 fois le Smic, contre 1,4 fois pour un arrêt débuté à partir de cette date.
Sources
Sources consultées le 22 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Service-public.gouv.fr, « Arrêt maladie : reprise du travail du salarié » (rubrique temps partiel thérapeutique), fiche vérifiée le 1er juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F144
- Service-public.gouv.fr, « Temps partiel thérapeutique pour les fonctionnaires », fiche vérifiée le 6 août 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F12788
- Urssaf, « Comment déclarer un retour en temps partiel thérapeutique après un arrêt de travail ? », urssaf.fr. https://www.urssaf.fr/accueil/services/services-employeurs/service-cea/temps-partiel-therapeutique.html
- La Retraite en clair, « Suis-je en mi-temps thérapeutique : quel impact sur ma retraite ? », la-retraite-en-clair.fr. https://www.la-retraite-en-clair.fr/parcours-vie-retraite/arret-maladie-accident-travail-retraite/suis-mi-temps-therapeutique-impact-retraite
- Éditions Tissot, « Un salarié en temps partiel thérapeutique bénéficie-t-il de congés payés ? », publié le 16 octobre 2024, modifié le 10 octobre 2025. https://www.editions-tissot.fr/actualite/sante-securite/un-salarie-en-temps-partiel-therapeutique-beneficie-t-il-de-conges-payes


